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L’imprégnation syllabique

L’imprégnation syllabique

L’imprégnation syllabique

→ Présentation :

L’imprégnation syllabique est intéressante à utiliser chez des élèves dyslexiques, ayant un TSA ou en difficulté persistante dans l’apprentissage de la lecture. Elle permet d’alléger la mémoire de travail, habituellement mobilisée pour l’association grapho-phonème.

La syllabe est une entité qui est plus naturellement et plus facilement identifiée sur le plan de la discrimination auditive. Travailler à partir de celle-ci présente donc des facilités.

Déchiffrer une syllabe peut être complexe, surtout dans le cas où une syllabe est composée de beaucoup de lettres, comme train. Un élève en difficulté risque de considérer « tr » puis « ain » comme 2 syllabes, multipliant les confusions et surchargeant la mémoire de travail. L’imprégnation syllabique peut s’apparenter à la reconnaissance de patern que l’on associe directement à un phonème.

→ Pré-requis :

– connaître les lettres de l’alphabet
– être entré dans le principe alphabétique
– éventuellement savoir déjà lire ou reconnaître directement quelques mots

→ La progression de l’imprégnation syllabique passe d’abord par la syllabe, le mot puis le texte.

1/ La syllabe
Objectif : considérer la syllabe sans passer par le phonème. On n’explique donc pas que B et A font BA.
On utilise des tableaux de syllabes, que l’on peut travailler soit par l’attaque soit par la rime.
Activités : lotos, mémory, doobles.
On commence par l’apprentissage des syllabes à 2 lettres et rapidement à 3 lettres. Il ne faut pas mettre en tête à l’élève qu’une syllabe n’est composée que de 2 lettres.
Il est possible aussi d’associer une couleur à une syllabe, mais seulement si l’élève est en échec sans.
On note aussi que la valeur des lettres comme G ou C ne sont pas expliquées : elles sont découvertes de façon systématique selon la syllabe.

2/ Le mot
On peut commencer la lecture de mots dès que la lecture de syllabes simples est acquise. Les mots sont présentés avec par exemple une alternance de 2 couleurs à chaque changement de syllabe et écrits assez gros.

Tout autre moyen de discriminer visuellement les syllabes peut être utilisé, mais il doit être très repérable (mettre un tiret n’a non seulement pas de sens mais est trop faible visuellement).

Les lettres qui ne se lisent pas peuvent être représentées en grisé.

3/ Le texte

On propose la lecture de texte après une bonne maîtrise de la lecture de mots.

On garde un système de couleurs pour les syllabes, mais les mots courants sont représentés en noir. L’objectif est de constituer un répertoire orthographique accessible de façon directe. Attention aux mots irréguliers qui seront appris par cœur. On peut les identifier dans le texte en les soulignant par exemple.

Petit à petit, on diminue l’utilisation des couleurs au sein des textes, et les textes deviennent également de plus en plus grands.

→ Le travail à la maison

Le travail peut se poursuivre à la maison par la lecture des fiches travaillées en classe.

→ Ateliers

Voici quelques piste pour mettre en place des ateliers :

– Discrimination visuelle : On utilise les tableaux de syllabes en support, dont on peut imprimer une autre version sur du papier de couleur et en découper les syllabes. Les syllabes de couleur devront être repositionnées sur les syllabes du tableau.
– On peut aussi découper les syllabes de façon groupées pour ressembler à un puzzle à positionner également sur le tableau.
J’ai créé des arcs-en-ciel des syllabes pour proposer une lecture plus engageante, pour les retrouver cliquez ici.

– Tri / observation
– Il est possible de proposer des activités de tri de syllabes. On peut par exemple découper un tableau de syllabes et proposer un tri par syllabes identiques. On peut aussi proposer un tri par consonne d’attaque ou rime.
– On peut prévoir un tableau à double entrée, avec les consonnes et les voyelles pour les lignes et les colonnes. Attention à vérifier la connaissance du tableau à double entrée en pré-requis. L’élève peut soit écrire pour compléter le tableau, soit compléter le tableau à partir d’étiquettes syllabes préparées.

– Jeu de mémory : inscrire les syllabes sur des jetons en bois ou en carton par exemple (plus facile à manipuler que des éléments plastifiés).
– Il s’agit de commencer avec peu de jetons (attention si l’élève ne connaît pas ce jeu, il faudra au préalable le familiariser avec le principe).
– Les syllabes correspondent à des syllabes travaillées avec l’élève.
– On ajoute ensuite des couples de jetons au fur et à mesure. Il vaut mieux limiter le nombre de jetons et les varier plus souvent que de trop augmenter le nombre de jetons dans le jeu. On s’arrange pour utiliser davantage de syllabes connues que de syllabes en cours d’acquisition.
– Lorsqu’on retourne les jetons, on prononce obligatoirement la syllabe, que ce soit l’adulte ou l’enfant.
– Lorsque des syllabes sont parfaitement maîtrisées, on ne les utilise que pour compléter le jeu, l’objectif étant de consolider d’apprentissage de nouvelles syllabes.

– Dooble : pour créer un dooble, on peut utiliser des outils en ligne pour aider à la répartition sur les cartes.
– Il vaut mieux prévoir plusieurs dooble avec peu de syllabes qu’un seul dooble avec beaucoup de cartes.
– Le dooble pour servir à consolider des syllabes connues en les lisant le plus vite possible, ou à enrichir progressivement le capital de syllabes connues (elles ne doivent cependant pas être découvertes au moment du jeu, simplement être en cours d’acquisition).

– Encodage
Pour encoder des mots, on peut utiliser des syllabes de couleur à manipuler, afin de décharger de la charge de l’écriture.
– L’encodage de mots peut au préalable passer par une anticipation de la tâche. On peut faire compter le nombre de syllabes à écrire dans un mot, et les matérialiser (jetons). Attention à ne pas utiliser par exemple des étiquettes pour écrire, afin d’éviter la confusion entre la syllabe et le mot. Plus encore, une fois un mot encodé, il est possible de le positionner sur une grande étiquette mot, afin de ne pas omettre cette notion.
Une fois le mot encodé, l’élève devra réussir à se relire et recompter le nombre de syllabes qu’il a écrites en vérifiant que le nombre correspond à ce qui avait été annoncé ou matérialisé.
– Pour faciliter l’encodage, on peut proposer les syllabes qui vont être nécessaires : toutes les syllabes, une de plus, deux de plus, ou une seule et l’élève devra demander la syllabe manquante, la première, la seconde. Même principe selon la progression de l’élève avec des mots de plusieurs syllabes.
– Il est possible de composer des mots à partir d’images, soit en complétant un mot amorcé, soit en l’encodant entièrement. Pour commencer, on peut se servir de modèle, ou de réponse écrire au dos de la carte qu’il est possible de retourner. Le mot peut aussi être disposé plus loin, si le fait de se lever ne perturbe pas trop l’élève.
– Des activités de dictées sont possibles pour systématiser la connaissance des syllabes. Ce jeu peut-être proposé en rituel pour activer la mémoire, préparer les syllabes avec lesquelles on va travailler ou donner des indices d’évaluation à l’adulte.

– Activités phonologiques

La méthode de l’imprégnation syllabique ne repose pas sur le phonème, mais il est pourtant possible d’y associer des activités en phonologie. Ces activités seront alors basées sur la syllabe, par des jeux d’analogie, de permutations, d’inversion, suppression etc.

→ Évaluation :

Évaluer régulièrement les syllabes maîtrisées permet de cibler ce qu’il reste à travailler ainsi que les difficultés rencontrées. Les syllabes connues peuvent servir à engager l’élève, le mettre en réussite ou comme support dans un jeu au moment d’ l’introduction de nouvelles syllabes à travailler. On peut simplement prendre une liste de syllabes et cocher les syllabes parfaitement maîtrisées. Attention aux oublis possibles, ré-évaluer les syllabes connues peut être nécessaire de temps en temps si elles ne sont plus rencontrées.

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