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Encodage de mots

Encodage de mots

Niveau : cycle 2

Compétences :

– Identifier des mots de manière de plus en plus aisée :

  • Discrimination auditive fine et analyse des constituants des mots (conscience phonologique).
  • Discrimination visuelle et connaissance des lettres.
  • Correspondances graphophonologiques ; combinatoire (construction des syllabes simples et complexes).

– Maîtriser les relations entre l’oral et l’écrit.

Objectifs de la séance :

  • Mettre en place des stratégies d’encodage.
  • Écouter puis écrire les sons d’un mot.
  • Comprendre qu’une syllabe s’écrit avec une ou plusieurs lettres.
  • Utiliser la segmentation en syllabes comme outil de relecture.
     

Étape 1, collective : choix du mot à encoder.

L’enseignant propose un mot à encoder en tenant compte de ces points :
– la longueur du mot est adaptée au niveau des élèves
– le mot contient ou pas de sons complexes
– l’encodage du mot est réalisable par les élèves ou ne contient pas plus d’une difficulté
– le mot contient potentiellement des analogies de sons avec d’autres mots déjà encodés
– les syllabes du mot de contiennent pas systématiquement que deux lettres : il est important de casser le plus tôt possible cette conception dans laquelle pourrait s’enfermer l’élève
– le mot peut déjà avoir été travaillé ou rencontré

Le mot peut-être un mot inventé, pour permettre aux élèves de se concentrer plus fortement sur les sons et ne pas procéder par devinement.

Le mot peut aussi être proposé par les élèves mais les objectifs de l’enseignant peuvent être plus difficiles à cerner. Il peut alors proposer plusieurs mots pour que les élèves puissent malgré tout décider faciliter l’enrôlement.

Le maître met à disposition des élèves les outils nécessaires à l’encodage. Ces outils sont anticipés par avance mais ne sont pas proposés d’emblée aux élèves. Ils sont introduits au fur et à mesure si besoin. Plusieurs outils peuvent être mis à disposition afin de laisser l’élève expérimenter ses choix : il s’agira par exemple ensuite de réfléchir avec lui sur l’efficience de telle ou telle stratégie dans tel ou tel cas.
Outils :
– d’autres productions corrigées affichées dans la classe
– un cahier avec des syllabes étudiées en lecture ou encodage
– la frise des lettres
– des affichages phonologiques

Étape 2, individuelle  : encoder le mot.

Les élèves encodent seuls le mot. Ils peuvent s’isoler pour le faire. Certains élèves ont besoin de prononcer le mot à haute voix, ce qui peut gêner les autres. Il ne faut pourtant pas leur demander de se taire mais au contraire les laisser trouver leurs propres aides.

Les élèves écrivent sur une feuille blanche et au stylo. Ils sont exemptés d’écrire sur les lignes ou de produire un travail propre. Ils peuvent raturer. Les élèves préfèrent souvent écrire au crayon à papier car ils peuvent gommer et ainsi effacer la trace de leurs erreurs. Ils ne peuvent pas le faire avec un stylo, mais une fois l’exercice d’encodage terminé ils réécrivent le mot sans faute et sans rature, ce qui non seulement est important pour fixer le mot et aboutir le travail effectué mais aussi compenser l’utilisation axiogène du stylo.

Pré-requis– connaissance des lettres de l’alphabet ou connaissance en cours de maîtrise
– être entré dans le principe alphabétique
Enjeux de savoir– développer des aptitudes phonographiques (du son vers l’écrit)
– savoir ordonner son écoute (quel son vient avant quel son) et utiliser ce même ordre pour l’écriture
– combiner des consonnes et les voyelles pour retranscrire un phonème, y compris des structures comme CCV
Stratégie(s) possible(s)– prioritairement étirer à l’écoute les sons du mot comme un élastique
– faire des analogies
Anticipation d’une aide– mettre à disposition les fiches phonologiques (toutes ou certaines choisies)
– mettre à disposition des supports écrits
– aider à prononcer à l’oral le mot étiré (utiliser l’analogie avec l’élastique, accentuer la prononciation, montrer physiquement le geste d’étirement)

Étape 3, individuelle : relecture.

Lorsqu’on demande à un élève de se relire, il y a de grandes chances pour qu’il prononce le mot qu’il devait encoder sans réellement se relire. « Se relire » fait partie des actions souvent demandées aux élèves mais qui sont rarement explicités. De plus, l’action de relecture est une tâche difficile, puisqu’on demande à un élève de trouver de potentielles erreurs sur un travail qu’il vient de faire et dont il pense certainement qu’il est concluant.

Une façon possible de se relire est de faire découper oralement le mot en syllabes par l’élève et de lui faire entourer ce qu’ils pense avoir écrit. « Entoure le CHE et le MIN ». Une fois entourées, les syllabes deviennent plus lisibles et l’élève peut réellement lire ce qu’il a écrit. Sa propre correction peut alors s’initier.

Pré-requis– savoir segmenter en syllabe à l’oral (activité souvent menée en maternelle)
Enjeux de savoir– autoréguler l’encodage
– acquérir une posture active
– comprendre ce que signifie « se relire » : savoir le faire et savoir à quoi cela sert
Stratégie(s) possible(s– entourer / souligner les syllabes
– écouter quelqu’un relire sa production (élève ou enseignant)
– relire la production de quelqu’un d’autre
Aides possibles– entourer les syllabes pour l’élève et l’aider à relire
– écrire une partie du mot par avance
– corriger une partie du mot pour l’élève
– faire écrire ou donner en exemple un mot plus simple ou connu avec la syllabe qui pose problème – Il est possible d’anticiper le nombre de syllabes que l’élève devra écrire et de les matérialiser. On peut utiliser une étiquette pour écrire le mot : s’il s’agit d’un mot à 2 syllabes, on créer un marquage au milieu par une pliure. Chaque élève peut vérifier à l’oral quelle syllabe il devra écrire sur quelle partie de l’étiquette. Il prononce chaque syllabe en pointant du doigt les parties de l’étiquette.
Le maître dit aux élèves ce qu’ils doivent faire : regarder le doigt de l’élève et écouter le mot prononcé. aide – On peut aussi indiquer de combien de lettres seront constituées les syllabes, en les matérialisant par des traits. Cela peut-être utile pour les sons complexes ou pour mieux faire prendre conscience aux élèves qu’une syllabes ce n’est pas obligatoirement deux lettres.

Attention cependant à la démultiplication des aides : si l’élève en a besoin de trop, c’est que la tâche est peut-être trop compliquée et qu’il faut alors soit la simplifier soit en proposer une autre.

Étape 4, collectif : mise en commun et confrontation entre pairs.

Les élèves comparent leurs productions. Cette étape est très importante : elle permet aux élèves de situer leur production, non pas en tant que bonne ou mauvaise, mais dans un paradigme général. Comprendre comment les autres ont fait permet une comparaison avec leur propre façon de faire. S’ils sont en échec ou s’ils n’ont pas conscience qu’ils utilisent une stratégie, c’est le moyen d’en prendre conscience. Identifier l’utilisation d’une stratégie est indispensable pour agir dessus.
Le rôle de l’enseignant est la médiation pour ammener les élèves au choix correct des sons.
Les élèves sont en réussite lorsque les sons correspondent au mot : c’est l’enseignant qui apporte la correction orthographique, en la nommant et l’expliquant mais sans attendre que les élèves la trouvent d’eux même, sauf si le mot a été mis à disposition dans une aide.

Exemples d’encodage de syllabes simples et avec aides par étiquettes et nombre de lettres attendus, par des élèves en difficulté en seconde période de CP :

essais
essai
Pré-requis– savoir dire ce qu’on a fait
Enjeux de savoir– mettre en évidence des stratégie
– savoir agir sur une stratégie : l’adopter, la modifier, l’abandonner
– savoir évaluer l’efficience d’une stratégie pour effectuer des choix
Stratégie(s) possible(s– identifier des stratégies dans les façons de faire des autres
Aides possibles– demander à l’élève ce qu’il a fait, de façon précise et chronologique
– reprendre ses termes pour le resituer dans le temps pour l’aider à dérouler ce qu’il a fait
– aider l’écoute des autres élèves en leur expliquant quelle posture d’écoute adopter

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